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Chant lyrique : Le spectacle des «Enchanteresses» bien accueilli à Oran

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le 14.11.17 | 12h00 Réagissez

 
	Récital lyrique Aurélie Loilier au tro
Récital lyrique Aurélie Loilier au tro

L’étape oranaise de la tournée algérienne de la soprano française Aurélie Loilier a été un succès pour l’artiste accompagnée de la pianiste chinoise Qioachu Li, dans la mesure où un public assez nombreux s’est déplacé pour s’imprégner de chants lyriques, une pratique méconnue en Algérie, mais qui a déjà fait des émules.

Le spectacle a eu lieu au TRO à l’initiative de l’ONCI, qui a déjà invité ce même duo à l’occasion de l’ouverture de l’Opéra d’Alger pour une autre prestation.

A Oran, le lieu se prête également à merveille à ce genre de spectacles qu’on peut suivre avec le naturel de la voix et du son de l’instrument. Les pièces, ou les extraits, choisis pour ce récital intitulé «Enchanteresses» datent en majorité du XIXe siècle (parfois début du XXe) et le registre est formé d’un large éventail incluant, chose rare pour l’époque, les compositions d’une femme, Augusta Holmès (1847-1903), une Française d’origine britannique célèbre aussi pour ses mélodies pour soprano et piano. Quoi de mieux pour entamer le spectacle que «Soir d’hiver», l’éternelle idole ou charme du jour. Aurélie Loilier passe ensuite à l’Opéra pour interpréter un air de Norina, extrait de Don Pasquale, du compositeur italien Gaetano Donizetti (1797-11848). L’aspect léger apparaît bien dans l’interprétation qu’en fait la cantatrice en feignant de lire un texte, car dans sa version complète, le personnage de Norina, jeune veuve, apparaît lisant un roman de l’époque quand elle commence à chanter. Cette dernière devra jouer un rôle qui n’est pas le sien pour pouvoir déjouer un plan consistant à déshériter son amoureux. Dans la peau de Lauretta, un des personnages de l’Opéra Gianni Schicchi du compositeur italien Giacomo Puccini (1858-1924), la soprano française interprète O mio babbino caro (Mon cher petit papa).

Pour situer le contexte, il faut dire que là aussi on a affaire au comique d’une imposture qui consiste à se substituer à un mort, ancien riche Florentin, pour changer un testament afin de bénéficier de la rente. L’œuvre date de 1918, mais l’intrigue se rapporte à la Florence du XVIIIe siècle. Avec la Wally d’Alfredo Catalini (1854-1893), un autre compositeur italien, la cantatrice se doit de changer de registre d’interprétation, car le contexte de cet opéra, créé en 1892, contraste avec les précédents, dans la mesure où l’intrigue est beaucoup plus grave. En plus, il fait appel à une multitude d’émotions et de sentiments où se mêlent amour, désir, jalousie, colère, etc., et cela même si l’extrait choisi se limite à l’air principal intitulé  Ebben ? Ne andro lantana.

Cet extrait a déjà été rendu célèbre grâce au cinéma avec le film Diva, de Jean-Jacques Beineix, sorti au début des années 1980 et donnant un rôle phare à la soprano américaine, Wilhelminia Wiggins Fernadez, et Richard Bohringer. Aurélie Loilier revient ensuite  avec la Chanson de Solveig composée par le Norvégien Edvard Grieg (1843-1907), une musique de scène accompagnant à l’origine une pièce de théâtre intitulée Peer Gynt écrite par Henrik Ibsen. Elle interprétera également le tango français Youkali, du compositeur Kurt Weill (1900-1950) né en Allemagne et exilé à New York après un passage à Paris pour fuir le nazisme.

De Léo Délibes, elle choisit la mélodie des filles de Cadix avant de revenir à l’Opéra avec Norma de Vicenzo Bellini (1801-1835) pour interpréter l’air Casta Diva (Chaste déesse), car l’intrigue de cet opéra, créé en 1831, met en scène une prêtresse du temple des Druides en plein conflit avec Rome. Aurélie Loilier a dû mettre tout son talent pour réussir ce bel canto, particulièrement exigeant. Le réalisateur de cinéma, Clint Eastwood, l’a déjà inclus dans son film intitulé Sur la route de Madison réalisé en 1995. Mais c’est avec le célèbre Giuseppe Verdi (1813-1901) que la cantatrice parisienne terminera son spectacle en enchaînant deux airs de Violetta, Addio del passato et Sempre libera, tous deux extraits de l’Opéra la Traviata.

Cette œuvre maîtresse du célèbre compositeur italien est tirée du roman La Dame aux camélias, d’Alexandre Dumas. L’intrigue, située au milieu du XIXe siècle à Paris, tourne autour des difficultés d’un amour entre une courtisane jugée dévoyée et un jeune homme qui doit respecter les codes de respectabilité du milieu bourgeois duquel il est issu. Une belle histoire pour une belle représentation, et l’ONCI a bien fait de programmer ce spectacle en dehors de la capitale. 

Djamel Benachour
 
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