Pages hebdo Arts et lettres
 

Fronton

Révéler, réveiller

Taille du texte normaleAgrandir la taille du texte

le 23.12.17 | 12h00 Réagissez


Le Bien sert souvent à révéler le Mal. Le 6 décembre, notre confrère, Z. Amor, correspondant d’El Watan à Jijel, rapportait que la Gendarmerie nationale avait saisi plus de 7000 pièces archéologiques depuis 2016 et arrêté 37 trafiquants.

Une performance de la seule cellule de protection du patrimoine culturel de la 5e Région militaire (Nord-Est), ce qui laisse imaginer l’ampleur du phénomène à l’échelle nationale. Le même jour, l’APS signalait à Bordj Bou Arréridj la saisie, par le même corps de sécurité, d’un lot de 111 pièces de monnaie en or, argent, bronze et cuivre de diverses époques ainsi que 26 objets préhistoriques. Chaque semaine apporte des nouvelles similaires.

Elles viennent nous signaler que les équipes spécialisées en la matière (créées aussi dans la police et les Douanes) travaillent d’arrache-pied. Et leur action permet de révéler davantage l’émergence d’une criminalité vouée à ce trafic. Dans l’ombre de ces «contrebandiers de l’histoire», pour reprendre une expression en vogue, se profilent des réseaux locaux qui disposent de filières internationales, souvent via la Tunisie. C’est bien connu : dans le crime aussi, c’est la demande qui crée l’offre. 

Le Mal sert souvent à réveiller le Bien. Lundi dernier, l’horrible mutilation par un forcené de la statue de Aïn Fouara, l’égérie de Sétif, était prévisible. Tolérer depuis quelques années que des légions de visiteurs grimpent sur son piédestal pour se prendre en photo a brisé la distance pudique qui a toujours prévalu à son égard. Elle était une icône, une égérie, un symbole et un témoin.

On a permis qu’elle devienne une sorte de call-girl pétrifiée sur laquelle certains se sont même autorisés des gestes déplacés. Cela a sans doute nourri les fantasmes des semeurs de ténèbres. Dans un texte magnifique (et hélas quasi prémonitoire) publié ici le 22 avril dernier, soit vingt ans pile après l’attentat à la bombe contre cette statue, l’architecte et auteur Fayçal Ouaret, enfant de Sétif, la faisait parler : «Le siècle bientôt clos, malgré l’âge et l’ancrage des habitudes, voire même les traditions construites autour de ma seule présence, je suis devenue soudain presque de chair ! C’est à croire ! Ce n’est sûrement pas moi qui ai changé, je ne le peux pas, mais les regards qui pèsent désormais sur mes prétendues indécences.» Mais, comme en 1997, l’agression a donné lieu à une immense réprobation et de nombreux citoyens proposent leurs contributions pour la restauration de l’œuvre dont le projet est déjà engagé.

Si le Bien et le Mal, catégories morales par définition, se combattent sans cesse, ils se révèlent mutuellement dans tous les domaines de l’existence comme le chante Aït Menguellat. Et cela sans doute davantage à travers le patrimoine, monde des valeurs par excellence. Par sa pensée qui appartient au patrimoine de l’humanité, le philosophe chinois, Confucius, affirmait : «La conscience est la lumière de l’intelligence pour distinguer le bien du mal.» Et le patrimoine éclaire la conscience.

Ameziane Ferhani
 
Loading...
le dessin du jour
LE HIC MAZ

Mes infographies

El Watan Magazine

impact journalism days

 

Indépendance Algérie

 

El Watan Etudiant

Chroniques
Point zéro Repères éco

Vidéo

Débats d'El Watan

Débats d'El Watan

Suivre El Watan

FacebookFacebook       TwitterTwitter
Télévision
Télérama       Télé Alger TV Algérie