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Nabil Aït Saïd Et Redouane Madani : Fondateurs de cinuvers

«Un carrefour de tous les arts»

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le 10.02.18 | 12h00 Réagissez

Avec ses dynamiques initiateurs et animateurs, parcours d’un ciné-club algérois au large panel.

- Comment définissez- vous Cinuvers ?

Cinuvers est un ciné club qui organise chaque vendredi des projections suivies de débats à la salle Mohamed Zinet de Riadh el Feth. Pourquoi «Cinuvers» ? Car ça traite de tout ce qui touche, de près ou de loin, à l’univers du cinéma. Notamment la littérature, la musique ou la peinture… etc. Nous nous sommes alors donnés pour mission d’en faire un carrefour de tous ces arts en général et du cinéma en particulier. Le tout dans une ambiance conviviale et familiale.

- Cinuvers ne se limite-t-il donc pas qu’aux projections ?

  Nous tenons en parallèle d’autres projets. Notamment «Les lecteurs anonymes», un groupe de lecteurs actif sur les réseaux sociaux, avec des rencontres littéraires chaque dernier samedi du mois. Ces rencontres mensuelles se tiennent généralement au Musée des Beaux-Arts d’Alger. Elles sont en rapport avec la «Bibliovers» qui fait partie du concept global de Cinuvers. L’idée de ces rencontres qu’on a nommées «Les hommes livres» s’est inspirée d’ailleurs de Fahrenheit 451.

C’est un film (Ndlr : réalisé par François Truffaut en 1966) qu’on a projeté au cours du mois de septembre dernier et qui est, lui-même, l’adaptation d’un roman (Ndlr: écrit en  1953 par Ray Bradbury). Nous avons par ailleurs co-organisé la finale du tournoi national de FIFA (jeu vidéo) avec l’association Gamers Rules, ou encore des projections dans des hôpitaux à titre bénévole et au profit des enfants malades, ainsi que des scènes ouvertes aux musiciens organisées avant les projections des films.

- Cinuvers a aujourd’hui plus de trois ans d’existence. Que pouvez-vous nous dire sur son parcours ?
  
Trois ans et quatre mois, plus précisément. Cette précision même témoigne de son importance pour nous. Ce n’est pas qu’un simple concept, mais presque un être au sens propre du terme.

Un être qui a vu le jour au Musée des Beaux-Arts, qui a appris à marcher par lui-même, qui a tant trébuché mais qui a su se relever. Nous y avons commencé avec de très modestes moyens, à savoir un projecteur data-show, des baffles pour ordinateurs et une petite salle équipée de simples chaises visiteurs.

Mais heureusement que l’envie et la persévérance y étaient également. Nous avons eu, dès le début, des membres qui sont toujours fidèles et qui ont su voir la bonne foi derrière le projet. Notamment Yazid et Sofiane Khodja, qui nous ont beaucoup aidés quant à la location de la salle Mohamed Zinet.

- Quid des partenariats ou des soutiens officiels ?

On pourrait considérer les Khodja comme les partenaires du départ. C’est eux qui nous ont adoptés. La location n’est certes pas gratuite, mais nous ne la subissons réellement pas de leur part. D’autres partenaires nous viennent en aide surtout sur le plan culinaire ou encore en matière de cadeaux offerts aux membres du club ; notamment Pepper sandwicherie qui nous fournit des sandwichs pour chaque «Ciné-dîner» qui a lieu lors de chaque clôture de cycle ; Mojikho pour les jus et boissons ; ou encore Flawless pour des coffrets DVD offerts aux membres gagnants lors de chaque concours de cycle.

- Comment se fait le choix des thématiques pour les cycles ?

Chaque cycle de projections (longs ou courts métrages…) est mensuel. D’autres activités, notamment les jam-sessions (scènes ouvertes) ou la Bibliovers y prennent part en même temps. Le «Ciné-dîner», pour sa part, se déroule toujours à la fin de chaque cycle, soit la quatrième projection. Chaque cycle traite une certaine thématique qui dépend de la tournure vers laquelle nous voulons diriger le débat. Souvent, ce sont les membres mêmes qui votent pour un thème précis. Mais il faut toujours en choisir un qui parle à tout le monde.

L’essentiel est de provoquer le débat de sorte à ce que personne ne ressorte les mains vides. Ce sont des thèmes qui touchent à peu près à tout : le social, le culturel, la découverte… etc. Ce sont généralement des cycles à thème. Mais ce qu’il faut surtout souligner, c’est qu’on ne choisit jamais de sujets qui font l’unanimité des avis.

- Le débat prévaut-il donc sur la projection même ?

En effet, nous avons eu énormément de débats qui ont duré plus que le film en question. A titre illustratif, le cycle «Back to school» que nous avons initié lors de la rentrée scolaire et qui a relevé tant de questions quant au thème de l’éducation. Nous y avons projeté le film Idiocracy (2006), un film d’une heure vingt minutes mais dont le débat a duré plus de deux heures !

Ou encore, lors de la projection du film L’homme qui regardait les fenêtres (1986) de Merzak Allouache dont le débat a eu lieu avec le réalisateur en question pendant plus de deux heures. Il faut aussi prendre en considération le nombre des membres qui ne cesse de croître. Nous en sommes à plus de deux cents, tandis que la salle de Mohamed Zinet se limite à  cent quatre-vingt dix places…

- Est-il alors grand temps pour un changement de lieu, une expansion ?

On pourrait avoir un deuxième créneau sur une autre salle. Une autre équipe prendrait le relais pour d’autres projections, ailleurs que dans la salle Mohamed Zinet... Mais, peu importe l’évolution des choses, Cinuvers se tiendra toujours le même jour à la même heure. La prise de décision reste participative.

Cinuvers ne se veut nullement un club fermé sur lui-même ou sur l’extérieur. Ses portes seront toujours ouvertes à l’initiative collective et à la création. Que ce soit pour un réalisateur voulant projeter son œuvre, des musiciens voulant partager leur son, un écrivain voulant se faire lire ou un artiste peintre ou photographe voulant exposer.

Cinuvers, sa Bibliovers et ses rencontres littéraires, ainsi que son espace d’innovation seront toujours à la disposition des participants qui sont avant tout des membres du club.

Repères

Cela a lieu chaque fin de semaine, à la salle Mohamed Zinet de Riadh El Feth. Depuis la fin de 2014, on ne rate plus aucun vendredi. Cinuvers, sans doute le cinéclub le plus actif d’Alger, a su rassembler un large et fidèle public de «cinuveriens».

De l’ouverture de chaque cycle à sa clôture, les membres du club trouvent toujours quelque chose à faire et, aussi, à dire. Axé initialement sur le septième art, les activités de Cinuvers se sont très vite diversifiées.

Avant chaque projection, les spectateurs peuvent aussi emprunter des livres. Il s’agit d’une initiative collective menée par les membres du club qui cotisent également pour acheter des chips et du pop corn (condiments indispensables à la dégustation d’un film).

Cinuvers c’est aussi des scènes ouvertes pour les musiciens amateurs, des expositions de peinture, de la photographie, des ventes dédicaces… Des quiz autour des projections, dont la remise des prix coïncide souvent avec le «Ciné-dîner», sont organisés à la fin de chaque cycle.

Les thématiques peuvent être choisies en fonction de l’actualité (Yennayer, rentrée scolaire…) ou mettre en avant une cinématographie particulière. Actuellement, le club explore par exemple l’histoire de la pop culture américaine. Le cœur de cette initiative demeure les projections et les débats.

Si l’image, comme dit l’adage, vaut mille mots, les «cinuveriens» aiment à penser qu’elle en suscite plus de mille. Les discussions y sont souvent très animées. L’accès est certes payant mais modique (200 DA).

Parmi le public juvénile, on rencontre également des familles entières. Animateurs du cinéclub depuis plus de trois ans, Nabil Aït Saïd et Redouane Madani nous en parlent avec enthousiasme.

Venant respectivement du monde de l’architecture et de la finance, ces deux jeunes hommes s’investissent totalement. Leur slogan : «Quoi qu’il arrive, Cinuvers, c’est tous les vendredis, à partir de 17h30».
 

Youcef Oussama Bounab
 
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