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Colloque international en hommage à Benjamin Stora

«L’ambassadeur du rapprochement» entre la France et l’Algérie

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le 02.06.18 | 12h00 Réagissez

 
	Xavier Driencourt, ambassadeur de France à Alger
Xavier Driencourt, ambassadeur de France à Alger

Aujourd’hui, les coopérations entre la France et l’Algérie sont nombreuses, tant dans le domaine culturel ou économique que dans la prévention et la lutte contre le terrorisme, devant lequel nos deux pays, ensemble, se tiennent debout.

Ces relations de proximité, elles n’étaient pas acquises, et nos deux pays peuvent vous être reconnaissants d’avoir été parfois – souvent – l’ambassadeur de leur rapprochement», a souligné Xavier Driencourt, ambassadeur de France à Alger, à l’occasion du colloque international (sur lequel nous reviendrons dans une prochaine édition) en hommage au parcours et à l’œuvre de l’historien Benjamin Stora, qui s’est tenu au Mucem de Marseille jeudi dernier.

Et toujours à l’adresse de l’historien spécialiste de l’histoire coloniale et post-coloniale algéro-française, auteur d’une trentaine d’ouvrages sur le sujet, qui s’apprête à prendre sa retraite universitaire, le représentant de la France en Algérie a également souligné : «Vous avez, vous aussi, durant ces dernières décennies, souvent endossé le costume d’ambassadeur.

Un ambassadeur pour la paix, un ambassadeur des mémoires. Car l’histoire, lorsqu’elle est racontée, comme vous avez su le faire, dans toute sa vérité et sa complexité, est réparatrice.» «On dit souvent que vous êtes le meilleur connaisseur de l’histoire de l’Algérie. Soyez-en remercié, car la France comme l’Algérie ont besoin et auront besoin de chercheurs, d’enseignants et d’intellectuels comme vous.»

Et aussi : «Notre passé commun avec l’Algérie, tumultueux, passionnel, si présent à l’esprit de tant de nos concitoyens, vous avez su le retrouver et le transmettre, comme un passeur. De cette ‘‘guerre sans nom’’, vous avez su raconter les souvenirs et les blessures collectives et individuelles, vous avez su dire la ‘‘gangrène et l’oubli’’. Vous l’avez dit parfois, cette guerre, chacun l’a vécue différemment : Algériens, Français, harkis, juifs et tant d’autres…

Alors comment éviter la ‘‘guerre des mémoires’’, si ce n’est en redonnant à l’histoire toute sa noblesse, et donc toute sa légitimité. Car la vérité n’est respectueuse que lorsqu’elle ne cache rien.» «Dans l’ombre, vous avez beaucoup œuvré pour le rapprochement entre la France et l’Algérie, et grâce à vous, du chemin a été parcouru.»

«On se souvient de la visite et du discours de Jacques Chirac, qui avait appelé à ‘‘regarder le passé en face’’, en mars 2003. Mais également des visites de François Hollande, de la reconnaissance de la répression du 17 Octobre 1961. Enfin, la visite du président Macron, que vous avez accompagné, j’en suis témoin, il y a quelques mois.»

Faisant référence à la Méditerranée, Xavier Driencourt dira que «c’est peut-être la première chose que la France et l’Algérie ont en commun». Et de citer un passage des Essais d’Albert Camus qui, «en creux, dresse le parallèle entre la Méditerranée et l’histoire». «Notre tâche est de réhabiliter la Méditerranée, de la reprendre à ceux qui la revendiquent injustement…

C’est de servir cet aspect de la culture méditerranéenne qui favorise l’homme au lieu de l’écraser… A des hommes méditerranéens, il faut une politique méditerranéenne. Nous ne voulons pas vivre de fables. Dans le monde de violence et de mort qui nous entoure, il n’y a pas de place pour l’espoir. Mais il y a peut-être place pour la civilisation, la vraie, celle qui fait passer la vérité avant la fable, la vie avant le rêve», écrivait Albert Camus. Et l’ambassadeur de France de remercier Benjamin Stora pour «avoir su faire passer ‘‘la vérité’’ avant la fable».

Le colloque international, destiné à rendre hommage à l’œuvre de Benjamin Stora et à son héritage, sur le thème de «L’engagement de l’homme, l’œuvre de l’historien» a été organisé par Pangée Network. Il a rassemblé de nombreux historiens français, algériens, américains et anglais, sociologues et autres universitaires, écrivains, journalistes.

Cet événement a permis de rappeler les apports historiographiques et les avancées sociétales obtenus grâce aux travaux pionniers de Benjamin Stora, mais aussi de tracer les perspectives de recherche qui en sont les héritières.

Il s’est déroulé en présence de la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Frédérique Vidal, du consul général d’Algérie à Marseille, Boudjemaa Rouibah, du maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, et du président du Mucem, Jean-François Chougnet.            

Nadjia Bouzeghrane
 
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