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Présidentielle 2017 : Droite et extrême droite instrumentalisent l’identité française

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le 18.04.17 | 12h00 Réagissez

Culture nationale, insécurité culturelle, dérive multiculturelle, immigration et communautarisme, islamisme et terrorisme, les derniers jours de campagne se jouent sur la peur.

En février dernier, alors que s’installait la grande scène de la campagne présidentielle, Eric Dupin publiait La France identitaire, enquête sur la réaction qui vient (éditions La Découverte Paris). «L’obsession de l’identité taraude une France bousculée par la crise et la mondialisation sur fond d’immigration mal intégrée. C’est ainsi que se développe une mouvance identitaire de plus en plus influente dans le monde politique et intellectuel», écrit l’éditeur.

Alors que depuis plusieurs semaines, la droite et l’extrême droite rivalisent de mots durs pour fustiger l’immigration, y compris les réfugiés qui fuient la guerre en Syrie, Irak, Afghanistan, Libye… autant de conflits dans lesquels la politique occidentale n’est pas innocente, les rejets se conjuguent dans la peur pour la «survie d’un peuple français blanc et chrétien». Cette crainte est cultivée et développée depuis des années par une mouvance restreinte encore, mais qui a de l’influence : les Identitaires, qui ont changé plusieurs fois de nom mais pas leur fonds de commerce ultra nationaliste.

Eric Dupin montre comment «ce courant d’idées et de militants pénètre le Front national, même si ses thèses y sont discutées. Il interroge les intellectuels qui s’inscrivent, chacun à sa manière, dans la veine identitaire». Il rappelle que le slogan «On est chez nous !», répété à longueur de meetings, «résume bien l’angoisse identitaire qui saisit ses électeurs et ses militants. Devenu la première force électorale du pays avec 27,7% des suffrages exprimés lors du premier tour des élections régionales de 2015, le FN est le principal vecteur politique de la mouvance identitaire.

Le rejet de l’immigration et la crainte d’une ‘‘islamisation’’ de la société française demeurent les moteurs principaux de sa dynamique politique, même si la formation présidée par Marine Le Pen s’efforce également de capitaliser les mécontentements sociaux par une orientation très critique à l’égard du libéralisme économique». Alors qu’en ayant aseptisé son parti, Marine Le Pen est aux portes du pouvoir, les relents nauséabonds sont derrière son visage médiatisé, à l’affût, portés par des structures militantes organisées qui ont toujours un coup d’avance pour distiller leur idéologie dans une opinion poreuse.

A J moins 6 du premier tour du scrutin incertain du dimanche 23 avril, la lecture de l’ouvrage d’Eric Dupin laisse présager que l’avenir ne se joue pas que dans les urnes, non seulement en France mais à l’échelle européenne (nombre de pays sont gangrenés, comme la Hongrie dirigée par le Premier ministre Orbán), mais aussi mondial, puisque Donald Trump a gagné sur la crainte identitaire et que le président de son comité de soutien en France était un militant identitaire, rapporte Eric Dupin.

Florilège identitaire de campagne

Courant après les voix de l’extrême droite, François Fillon, candidat de la droite et catholique affiché, a mis samedi le paquet sur l’identité française «perdue» pour marquer la fête chrétienne de Pâques. Au Puy-en-Velay, il a déclaré : «Oui, on n’ose plus prononcer aujourd’hui les mots d’identité, de France, de nation, de patrie, de racines, de culture.» «On est sommés de se faire discrets.

Eh bien non, nous, nous prenons la parole.» Pour lui, l’école, la famille et la culture doivent «réveiller l’âme française». «Il faut valoriser ce qui nous rassemble en tant que citoyens, plutôt que ce qui nous distingue en tant qu’individus (…) ; il faut relancer l’intégration et l’assimilation.» Enfin, reprenant le discours identitaire, il a dénoncé «l’insécurité culturelle dans laquelle se trouvent nos concitoyens» qui «déboussole notre pays» et a fustigé le «totalitarisme islamiste qui l’oblige à lui opposer des valeurs».

Quant à Marine Le Pen, dont la thèse identitaire n’est pas une nouveauté, elle veut inscrire «la préférence nationale» dans la Constitution. Critiquant le candidat Emmanuel Macron qui lui a ravi la première place, selon les sondages, elle a estimé à Perpignan que son élection «accélérerait encore davantage la dérive multiculturelle dans laquelle s’enfonce la société française». 

Walid Mebarek
 
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