Pages hebdo France-actu
 

Une étude menée par le Centre d’analyse du terrorisme (CAT)

Qui sont les djihadistes ?

Taille du texte normaleAgrandir la taille du texte

le 29.05.18 | 12h00 Réagissez

 
	Dans les années 2000, le djihad irakien avait attiré 30 Français
Dans les années 2000, le djihad irakien avait attiré 30...

Avec le nombre exponentiel de dossiers traités, la justice française peut dresser une typologie. Une étude est en ce sens un révélateur.

Une enquête menée par le Centre d’analyse du terrorisme (CAT) vient d’être rendue publique par le quotidien Le Figaro. Elle a pour titre «La justice pénale face au djihadisme». Au-delà de l’analyse proprement dite, l’étude fait état de 238 islamistes radicaux condamnés entre 2014 et 2017.

Cela correspond à l’intensification des données en la matière suite au déclenchement du djihad syro-irakien et à la guerre internationale qui en a résulté. Ainsi, le terrorisme qui existait en France depuis les années 1990 (attentats parisiens de 1995 au moment de la décennie noire en Algérie, affaire de l’Airbus d’Air France en décembre…) a complètement changé d’échelle.

Selon l’étude du CAT relayée par le quotidien parisien, si dans les années 2000, le djihad irakien avait attiré 30 Français, «depuis janvier 2013, 980 Français ou résidents ont manifesté des velléités de départ vers les zones de combat et 1269 individus y seraient toujours. Trois cent trente-cinq sont revenus en France.

Conséquence de ce flot, le parquet de Paris traitait, au 15 mai 2018, 513 dossiers liés aux filières syro-irakiennes impliquant 1620 individus. Le nombre de dossiers est passé de 10 en 2012 à 240 en 2016. En 2017, 173 dossiers ont été ouverts, signe de la fin des départs dans la zone.

Le nombre de condamnations a aussi progressé, avec 114 condamnations pour association de malfaiteurs terroristes délictuelle, contre 32 en 2012 (+250 %). Entre le 7 mars 2014 (date du premier procès concernant ces filières) et la fin 2017, 238 personnes ont été jugées en première instance devant la 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris, la cour d’assises spécialement composée et le tribunal pour enfants. La tendance se poursuit en 2018 avec 17 affaires, impliquant 37 personnes, jugées entre le 1er janvier et le 15 mai».

«Un phénomène de masse»

Le CAT n’hésite pas à parler de «phénomène de masse», sachant que, selon le rapport, la moyenne d’âge des personnes jugées est désormais de 24 ans et demi. La plus jeune des personnes incriminées aurait 14 ans, un rajeunissement certain quand on sait que «seuls 30 condamnés se situent dans la tranche des 30 à 51 ans».

Quant aux femmes, comme El Watan l’avait déjà indiqué dans une précédente édition, loin de se cantonner aux tâches ménagères et au rôle d’épouses, elles font partie des opérationnels. «Entre 2014 et 2017, rappelle le CAT, 22 femmes, dont neuf mineures, ont été impliquées dans 12 projets ou tentatives d’attentats en France.

Depuis 2017, celles qui sont de retour des zones de combat sont systématiquement judiciarisées, au même titre que les hommes. Ainsi, trois ont été jugées en 2016 et 15 en 2017.» Enfin, contrairement à ce qu’on croit généralement, 62% des prévenus n’ont aucun antécédent judiciaire.

Par ailleurs, depuis 2014, la moyenne des peines prononcées est de six ans et six mois. «Elle a fortement augmenté entre 2015 et 2018 pour atteindre cette année sept ans et cinq mois d’emprisonnement.»

L’ONU épingle la France

Concernant la question de la lutte contre le djihadisme, Fionnuala Ni Aolain, rapporteuse spéciale des Nations unies de la promotion et de la protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales dans la lutte antiterroriste, a rendu ses conclusions préliminaires. Après un séjour de plusieurs jours en France, elle a remis ses constations au Premier ministre français au sujet des lois antiterroristes, renforcées après les attentats commis sur le territoire, et donné une conférence de presse.

Suite aux nombreux entretiens qu’elle a eus avec des associations, elle a notamment conclu : «Je suis particulièrement inquiète de leur effet disproportionné et de la stigmatisation des citoyens de confession musulmane. Une communauté est considérée comme suspecte de facto par l’accumulation des lois antiterroristes. Ce n’était sans doute pas le but de ces mesures, mais c’est leur conséquence.»

Par ailleurs, plus de 20 000 personnes sont sous surveillance. C’est le chiffre qu’on retrouve dans le rapport annuel de la Commission nationale des techniques de contrôle du renseignement. Il a été remis il y a quelques jours au président Macron. Ainsi, en 2017, les services du renseignement français ont placé 21 386 personnes sous surveillance technique.

L’essentiel de l’activité de ces services se concentre sur la prévention du terrorisme. 9157 personnes surveillées (42,8%) le sont en raison de leurs activités ou de leurs sympathies suspectées à l’égard de mouvements classés comme terroristes.

Walid Mebarek
 
Loading...
le dessin du jour
LE HIC MAZ

Mes infographies

El Watan Magazine

impact journalism days

 

Indépendance Algérie

 

El Watan Etudiant

Chroniques
Point zéro Repères éco
Loading...
Vidéo

vidéos

vidéos

Suivre El Watan

FacebookFacebook       TwitterTwitter
Télévision
Télérama       Télé Alger TV Algérie