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Renault Billancourt

Une page de l’immigration algérienne

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le 10.04.18 | 12h00 Réagissez

 
	Les ouvriers de Renault Billancourt, le documentaire de Camille Pochon
Les ouvriers de Renault Billancourt, le documentaire de Camille Pochon

Le film documentaire de Camille Pochon sur les ouvriers de Renault Billancourt est présenté en avant-première aujourd’hui à la Maison des auteurs à Paris.

Il le sera ensuite le 17 avril à 21h50 (heure algérienne) sur la Chaîne 2 de France Télévision, qui trouve là un biais pour faire le lien avec les conflits sociaux de Mai 1968 dont on célèbre le cinquantième anniversaire. La diffusion sera suivie d’un débat animé par la journaliste Marie Drucker.

L’île Séguin, en plein Paris, fut l’un des cœurs battants de l’industrie française, et, au XXe siècle, surtout après la Seconde Guerre mondiale, nombreux furent les immigrés qui y ont trouvé un emploi.

Pendant la période de développement économique, entre 1950 et 1980, les Algériens surtout travaillèrent en ce lieu, où la Société nationale des automobiles Renault avait élu domicile depuis sa création en 1929 par Louis Renault, le fondateur de l’entreprise devenue multinationale.

La réalisatrice a puisé dans des archives inédites pour faire remonter à la surface cette histoire passionnante d’une usine légendaire.
L’écrivain et réalisateur, Mehdi Lallaoui, avait déjà produit en 2004 un documentaire intitulé  Retour à l’île Seguin, alors que l’usine, fermée depuis 1992, commençait son démantèlement. Sur le vaste espace disponible, le richissime François Pinault a aménagé un coûteux lieu artistique et culturel qui a commencé à fonctionner en 2017.

Dans la présentation du film, on peut lire : «Mars 1992. L’usine Renault de Billancourt ferme ses portes définitivement. Une décision qui clôt un laboratoire de luttes sociales.»

Car ‘‘le paquebot’’ fut régulièrement le théâtre de mouvements contestataires, à tel point que Maurice Bokanowski, ministre de la IIIe République, affirma : «Quand Billancourt éternue, la France s’enrhume.»

Plus tard, l’expression «Il ne faut pas désespérer Billancourt» s’élargit à toute mesure ou situation sociale dont feraient les frais les catégories les plus faibles qui se révolteraient pour réclamer leur dû.

«A la fin des années 1960, la Régie nationale Renault, la plus grande usine de France, compte près de 36 000 employés, dont 12 000 étrangers. Qui sont les travailleurs qui ont fait vivre cette ‘forteresse ouvrière’» ?

Comment se sont-ils battus jusqu’à devenir la vitrine de la contestation sociale en France?  Pour le savoir, la réalisatrice, Caroline Pochon, a choisi de leur donner la parole. Ils s’appellent Henri, Giovanni, Arezki, Michel, Mustapha, Samba ou encore Patrick. Ils étaient ouvriers, chefs d’atelier, directeurs ou syndicalistes. Ils sont la dernière génération à avoir travaillé à la Régie nationale des usines Renault.

Ainsi, ce documentaire fait raconter «le bruit des lignes de fabrication et d’assemblage sur l’île Séguin, l’enfer de la forge et de la fonderie, la précarité des travailleurs étrangers, le racisme, mais aussi la solidarité entre ouvriers et les mouvements sociaux.

Ils reviennent sur la grève de Mai 68 qui paralysa l’usine, bastion du syndicalisme, pendant trente-trois jours, la prédication des militants maoïstes, la revendication des ouvriers immigrés, les moins qualifiés, dans les années 1970, qui n’ont aucune perspective d’évolution professionnelle et salariale, le déclin des années 1980».

Walid Mebarek
 
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