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France : Le suspect dans l’attaque contre des soldats toujours hospitalisé

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le 11.08.17 | 12h00 Réagissez

Les enquêteurs tentaient hier en France de cerner le profil de l’auteur présumé, toujours hospitalisé, de l’attaque qui a blessé la veille six soldats en banlieue parisienne, relançant le débat sur les risques encourus par les militaires déployés dans les rues dans le cadre de l’opération Sentinelle.

Hamou B., un Algérien de 36 ans, touché par cinq balles lors de son interpellation mercredi quelques heures après l’attaque, n’était «pas encore audible» par la police en raison de son état de santé, d’après une source policière. L’homme était jusque-là seulement connu pour une infraction à la législation sur les étrangers, selon cette source. Mais il est actuellement en situation régulière.

Les enquêteurs ont découvert l’identité de Hamou B., né en 1980, lors de son interpellation «musclée» dans l’après-midi sur l’autoroute menant à Calais, dans le nord de la France, quelques heures après qu’il eut renversé six soldats de l’opération Sentinelle à Levallois-Perret (nord-ouest de Paris). L’agresseur, en fuite au volant d’une BMW de location, a été repéré «grâce à des renseignements humains et des vidéos», a souligné la même source.

La police s’attache désormais à «exploiter les éléments» découverts lors des perquisitions effectuées mercredi à son domicile de Bezons, en banlieue parisienne, et dans «d’autres points». Ce chauffeur de VTC menait une vie discrète et habitait dans un immeuble d’un quartier résidentiel, selon des témoignages de voisins recueillis par l’AFP. Le parquet antiterroriste s’est saisi de l’enquête, ouverte notamment pour «tentatives d’assassinat sur personnes dépositaires de l’autorité publique en lien avec une entreprise terroriste».

Cette sixième attaque contre des soldats de Sentinelle a relancé le débat sur l’opération, qui mobilise 7000 soldats en permanence en France depuis les attentats djihadistes de 2015. Les dernières attaques en France ont tout particulièrement visé les forces de l’ordre, sur des sites emblématiques. Pour des experts, ces militaires sont désormais surtout des «cibles». Le 14 juillet, le président Emmanuel Macron a annoncé que le dispositif allait être revu «en profondeur».

Protection

«Ce n’est pas l’opération la plus opportune, car la plupart des interventions visent (pour les militaires, ndlr) à se protéger soi-même», a déclaré la députée de gauche radicale Clémentine Autain sur franceinfo. «Le dispositif est évidemment à remettre à plat», a estimé le député de droite Daniel Fasquelle. «Il faut avant tout annuler la baisse du budget de l’armée», a affirmé Florian Philippot, vice-président du parti d’extrême droite Front national, en référence aux coupes controversées de 850 millions d’euros dans les crédits de la défense en 2017.

L’eurodéputé, interrogé sur Europe 1, a avancé l’idée d’«une mission de police et de gendarmerie» en remplacement de Sentinelle. «Le problème, c’est que vous avez à la fois une police à l’os en France, une gendarmerie à l’os, et une armée à l’os», a-t-il accusé. Sentinelle «montre la contribution de l’armée française, de l’armée de terre à la sécurité du pays», a rétorqué sur RFI le président de l’Assemblée nationale François de Rugy, membre de la majorité présidentielle. «La défense du territoire national fait partie des missions de l’armée.»

La commission d’enquête parlementaire sur les attentats de 2015, dans ses conclusions rendues en juillet 2016, s’interrogeait déjà sur l’efficacité du dispositif et proposait de «revoir à la baisse le volume des effectifs engagés» en se concentrant sur «la seule protection de certains points stratégiques».

Devant la commission de la défense de l’Assemblée nationale il y a trois semaines, le chef d’état-major de l’armée de terre, le général Jean-Pierre Bosser, s’était dit favorable à un redimensionnement de la mission à «3000 hommes répartis sur des points clés», plus «3000 autres en réserve» et «3000 autres» qui se consacreraient à «l’anticipation», soit la préparation de scénarios inédits de crise. 

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