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Élection présidentielle en Egypte

«Ni libre ni équitable» selon des ONG

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le 14.02.18 | 12h00 Réagissez

Quatorze organisations de défense des droits de l’homme ont qualifié l’élection présidentielle de fin mars en Egypte de «ni libre ni équitable», rapporte l’AFP, citant un communiqué rendu public hier par l’organisation Human Rights Watch.

«Le gouvernement égyptien a piétiné les conditions minimales pour que des élections libres et équitables aient lieu les 26-28 mars 2018», estiment les organisations citées dans le communiqué.  «Le gouvernement du président Abdelfattah Al Sissi ne cesse d’étouffer les libertés fondamentales. Il a également arrêté des candidats potentiels et effectué des rafles parmi leurs partisans», est-il ajouté.

Le texte rassemble des organisations régionales comme le Cairo Institute for Human Rights Studies, ou internationales comme Human Rights Watch ou Reporters sans frontières. Selon les signataires, «les alliés de l’Egypte devraient aujourd’hui dénoncer publiquement la mascarade que sont ces élections». Le texte vise notamment les Etats-Unis, l’Union européenne (UE) et les Etats européens, accusés de fournir des aides financières sans demander de comptes sur les droits humains.

Il dénonce l’absence de «droit des individus à la participation politique et à la liberté d’expression, d’association et de rassemblement pacifique» et les emprisonnements d’opposants ou de candidats potentiels. Plusieurs adversaires potentiels du président Al Sissi à la présidentielle ont été écartés ou découragés ces dernières semaines. L’ancien chef d’état-major Sami Anan a été exclu de l’élection en janvier, peu après l’annonce de sa candidature. Il est poursuivi par la justice militaire pour s’être engagé dans la course «sans l’autorisation des forces armées».

L’ex-Premier ministre, Ahmed Chafiq, a déclaré début janvier qu’il n’est plus candidat, contrairement à ce qu’il avait annoncé plus tôt depuis les Emirats arabes unis où il vivait. A son arrivée en Egypte, il a disparu pendant environ 24 heures avant d’annoncer qu’il réexaminait ses intentions. Enfin, l’ancien député devenu dissident, Mohamed Anouar Al Sadate, et l’avocat défenseur des droits de l’homme, Khaled Ali, ont tour à tour renoncé à se présenter, dénonçant des pressions sur leurs équipes de campagne respectives.

Seul candidat en lice face à Al Sissi, Moussa Mostafa Moussa est un soutien notoire du président sortant. Dans ces conditions, plusieurs partis de l’opposition ont appelé fin janvier au boycott de l’élection. Dès le lendemain, le président Al Sissi s’en est pris, sans les nommer, à ceux qui menacent la «sécurité» du pays.

R. I.
 
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