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Sommet historique aujourd’hui à Singapour entre Donald Trump et Kim Jong-Un

Nucléaire nord-coréen, le début de la fin de la crise ?

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le 12.06.18 | 12h00 Réagissez

 
	Kim Jong-un à son arrivée à Singapour, le 10 juin
Kim Jong-un à son arrivée à Singapour, le 10 juin


Les regards du monde entier se tourneront aujourd’hui vers Singapour où le président américain, Donald Trump, et le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, ont prévu de se rencontrer pour tenter de trouver un compromis sur la dénucléarisation de la Corée du Nord, assorti de discussions intenses sur la fin de la guerre entre les deux Corées.

En change, Washington promet notamment de d’offrir des garanties de sécurité au régime de Kim Jong-un et une aide pour réanimer l’économie nord-coréenne qui est actuellement à genoux.

Le tête-à-tête de ce matin entre les deux dirigeants, inimaginable il y a encore quelques mois à peine, est prévu dans un hôtel de luxe de la cité-Etat asiatique. Les diplomates des deux pays ennemis s’étaient réunis hier durant pratiquement toute la journée pour les derniers préparatifs de ce sommet historique.

Le président américain réussira-t-il à «pacifier» la Corée du Nord ? Si la plupart des spécialistes de la péninsule coréenne et du désarmement nucléaire étaient encore hier dubitatifs quant à la possibilité de parvenir, en l’espace d’une petite poignée d’heures, à un accord crédible tant le processus de dénucléarisation de Pyongyang est complexe et long, les responsables américains n’ont pas hésité, pour leur part, à afficher leur optimisme quant aux chances de succès de la rencontre au sommet. Il faut dire que depuis plusieurs jours, l’équipe de Trump s’est employée à donner une image encourageante des négociations.

Optimisme américain

Le plus optimiste de ces responsables est le secrétaire d’Etat Mike Pompeo qui avait déjà eu à rencontrer plusieurs fois Kim Jong-un à Pyongyang, lorsqu’il était à la tête de la CIA. «Les discussions entre Washington et Pyongyang avancent rapidement. Je suis très optimiste quant aux chances de réussite de la toute première rencontre entre le président américain et le dirigeant nord-coréen», a-t-il déclaré hier lors d’une conférence de presse. Le secrétaire d’Etat américain a affirmé en outre que son pays était prêt à apporter à la Corée du Nord, en échange de sa dénucléarisation «complète, vérifiable et irréversible», des «garanties de sécurité uniques, différentes» de celles proposées jusqu’ici.

Même son de cloche chez le président américain qui s’est également montré confiant. «Je pense que cela va très bien se passer», a-t-il déclaré hier, à l’occasion d’un déjeuner de travail avec le Premier ministre singapourien, Lee Hsien Loong. «Heureux d’être à Singapour, excitation dans l’air !» avait tweeté un peu plus tôt le locataire de la Maison-Blanche.

La certitude exprimée par Donald Trump fait d’ailleurs dire à certains observateurs que les négociations entre Washington et Pyongyang ont certainement commencé dans le secret il y a longtemps et qu’elles ont déjà abouti à des éléments concrets. Autrement, ajoutent-ils, l’Administration Trump ne se serait pas risquée à crier victoire avant que le sommet ait lieu.

Garanties de sécurité

Même dans le cas où Washington n’a encore rien obtenu de Pyongyang, ces mêmes spécialistes soutiennent que la stratégie de Trump, qui consiste à discuter avec Kim Jong-un, a porté certains fruits. Pour eux, «l’offre d’une rencontre entre Kim Jong-un et Donald Trump a ramené la diplomatie à l’avant-plan. Elle a calmé les tensions qui faisaient craindre le pire, il y a à peine huit mois».

Directement concerné par l’événement, le président de la Corée du Sud, Moon Jae-in, a aussi exprimé sa confiance sur la rencontre d’aujourd’hui, tout en appelant cependant à éviter les attentes démesurées. «Même si le dialogue entre les deux démarre sur les chapeaux de roue, il faudra probablement un dialogue de long terme, qui pourrait prendre un an, deux ans voire plus pour résoudre totalement les questions sur la table», notamment la dénucléarisation, a-t-il souligné.

Seule Pyongyang a observé le silence radio sur le sommet. Seul élément à signaler : un compte-rendu du déplacement de Kim Jong-un à Singapour de l’agence nord-coréenne KCNA dans lequel il est évoqué l’avènement d’une «ère nouvelle», confirmant que la dénucléarisation mais aussi «un mécanisme de maintien de la paix permanent et durable dans la péninsule coréenne» seraient au menu du sommet. Autrement dit, il y a déjà une entente sur un projet de feuille de route. Et ce n’est pas peu dans le cas de la crise du nucléaire nord-coréen qui dure depuis de longues décennies.

L’île de Sendosa transformée en forteresse

Les autorités singapouriennes ne cachent pas leur fierté d’avoir été choisies pour accueillir le sommet Trump-Kim Jong-un. Tout le pays est en effervescence. D’énormes moyens ont été déployés pour assurer la sécurité de l’événement, qui se déroulera sur l’île de Sendosa. Des quartiers entiers ont été quasiment bouclés.

Environ 3000 journalistes sont attendus. En vue du sommet, l’espace aérien de Singapour a même été restreint temporairement pendant trois jours, selon un document de l’Organisation internationale de l’aviation civile et de l’Administration américaine de l’aviation civile. «Pour le moment, tous les voyants sont au vert.

Les Américains comme les Nord-Coréens sont satisfaits des arrangements mis en place», a déclaré samedi le ministre singapourien des Affaires étrangères, Vivian Balakrishnan, de retour d’une visite à Washington et Pyongyang.

En tout cas, la presse sur place confirme que la priorité de la délégation nord-coréenne a été la sécurité de son dirigeant. Les mesures de sécurité prises autour de lui sont encore plus strictes que celles observées lors du sommet intercoréen d’avril dernier.

La raison ? Il s’agit cette fois du premier déplacement du chef nord-coréen dans un pays autre que la Chine ou la Corée du Sud depuis son arrivée au pouvoir, fin 2011. En plus d’utiliser des véhicules blindés, les Nord-Coréens ont mis en place «une échelle de protection sans précédent, au sol, en mer et dans les airs». «Kim Jong-un est vénéré comme un être divin dans son pays, tandis qu’en dehors de la Corée du Nord, il est sujet à l’hostilité du fait du fonctionnement de son régime, et cela suffit à provoquer des inquiétudes sécuritaires chez les représentants nord-coréens», ont soutenu des spécialistes sud-coréens de la sécurité.R. I.
 

Zine Cherfaoui
 
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