Régions Centre Alger
 

Marché Meissonier (Alger-Centre)

Interdit la journée, l’informel est autorisé la nuit

Taille du texte normaleAgrandir la taille du texte

le 12.06.18 | 12h00 Réagissez

 
	Est-il normal de mobiliser des policiers à longueur de journée dans le cadre d’une opération d’éradication de l’informel et d’autoriser ces pratiques la nuit ?
Est-il normal de mobiliser des policiers à longueur de...

Depuis le début du mois de Ramadhan, l’informel est strictement interdit au marché Meissonier.

Des dizaines de policiers y sont mobilisés toute la journée pour veiller à l’application de cette décision. Mais, quelques minutes après l’iftar, les vendeurs anarchiques, par dizaines, voire par centaines, se réapproprient les lieux. Pire qu’avant, où les automobilistes pouvaient se frayer un passage en avançant doucement.

La nuit, la voie menant de la placette vers le marché couvert est complètement coupée à la circulation par les trabendistes. Des tables, des étals, des charrettes ou autres bâches posées à même le sol, font leur apparition. Avec un détail inquiétant : aucune sécurité n’y est assurée. Les policiers sont en grand nombre dans les environs, notamment les voies principales, mais pas dans cette rue fortement fréquentée par les acheteurs.

Cette situation, pour le moins bizarre, démontre que la volonté de lutter efficacement contre le commerce anarchique n’est que de la poudre aux yeux. En fait, depuis le début du compte à rebours pour ce mois de Ramadhan, l’affluence sur le centre d’Alger est devenue encore plus importante. Des familles entières se rendent dans ce marché ou à la place des Martyrs, aidées par le métro, pour faire les achats de l’Aïd.

Pour les commerçants, c’est le moment de faire des bénéfices et d’écouler leurs marchandises. Du côté des commerçants légaux, l’on apprend que les services de contrôle de la qualité mènent des opérations d’inspection intensives des vêtements et des jouets. L’on n’hésite pas à verbaliser les commerçants pour manquement à l’étiquetage afin de lutter contre les produits contrefaits. Mais, juste à côté, au vu et au su de tout le monde, des produits douteux sont exposés.

La clientèle, ce n’est certainement pas ce qui manque. Si les boutiques du prêt-à-porter et celles proposant des jouets pour enfants ne désemplissent pas, les étals proposant les mêmes produits connaissent une affluence encore plus importante. Cela d’autant que la marchandise proposée est de qualité inférieure et le prix relativement à la portée des moyennes et petites bourses. Mais sans la moindre garantie sur la santé et l’hygiène du client.

Le plus grave demeure incontestablement les jouets pour enfants proposés en grandes quantités dans le marché informel. Hélas, les services de la wilaya d’Alger ne semblent pas juger utile de procéder à des opérations de contrôle de la qualité, dans ce bazar.

Suite à une grève des commerçants, quelques jours avant le mois de Ramadhan, il a été procédé à la «soi-disant éradication» de ce marché informel. Mais, il s’agit, tout compte fait, d’un tour de rôle. Les commerçants légaux ouvrent et travaillent la journée et les vendeurs anarchiques disposent de cet espace durant toute la nuit. Mais dans tout cela, personne ne semble se soucier outre mesure des intérêts du client.

Sinon comment expliquer le contrôle intensif mené auprès des commerçants autorisés légalement à travailler, et qu’on ferme les yeux sur ceux exerçant illégalement, et dont on ignore tout de la provenance de leurs marchandises. Aussi est-il anormal de mobiliser des policiers à longueur de journée dans le cadre d’une opération d’éradication de l’informel et de l’autoriser la nuit.
 

Djamel G.
 
loading...
le dessin du jour
LE HIC MAZ

Mes infographies

El Watan Magazine

impact journalism days

 

Indépendance Algérie

 

El Watan Etudiant

Chroniques
Point zéro Repères éco
Loading...
Vidéo

vidéos

vidéos

Suivre El Watan

FacebookFacebook       TwitterTwitter
Télévision
Télérama       Télé Alger TV Algérie