Régions Kabylie Bejaia
 

Rapport d’une commission mixte à Béjaïa

Tout reste à faire pour le tourisme

Taille du texte normaleAgrandir la taille du texte

le 12.06.18 | 12h00 Réagissez

 
	Elus et exécutif de la wilaya se sont réunis en perspective des assises sur le tourisme
Elus et exécutif de la wilaya se sont réunis en perspective...

Le rapport de la première phase des préparatifs des assises sur le tourisme dans la wilaya de Béjaïa a été soumis à débat dimanche dernier devant les élus de l’APW.

Il démontre que tout reste à faire pour attirer estivants et touristes dans la région. Il ne s’agit plus de parler du potentiel naturel avéré de la wilaya ni de rappeler son histoire trois fois millénaire pour espérer des «contingents» de touristes, en dehors des baigneurs habitués aux conditions estivales lamentables décriées chaque année.

Des recommandations ont toujours été faites à l’issue des innombrables sessions annuelles dédiées à la préparation de la saison estivale, mais celles-ci n’ont jamais été appliquées à la lettre, elles sont mêmes ignorées par les différents intervenants. D’aucuns estiment que la bonne coordination et l’implication de l’ensemble des secteurs sont impératives pour réussir d’abord la saison estivale avant de voir grand et traiter des conditions d’un tourisme élevé au rôle de «moteur de la croissance» où «une gestion durable et rationnelle» est mise en place.

L’initiative de l’APW coïncide avec les travaux de la rencontre nationale de préparation de la saison estivale, présidée par Noureddine Bedoui, ministre de l’Intérieur, qui s’est tenue le week-end à Alger. Le plan d’action du gouvernement est tourné vers «une meilleure coordination entre les différents secteurs et les opérateurs», prônant, parmi plusieurs mesures, «la sécurité, l’organisation et la structuration des parkings et le renforcement du rôle des commissions de sécurité au niveau des wilayas côtières pour faire face à l’exploitation illégale des plages».

La commission mixte administration/élus a recensé les doléances des maires, des directeurs de l’exécutif, des professionnels du tourisme, du mouvement associatif, des syndicats et des entreprises. Son diagnostic a établi carrément la non-existence des conditions minimales pour développer le tourisme et relevé l’absence d’une coordination institutionnelle où les directions de l’exécutif engagent des actions unilatérales quand elles ne sont pas démissionnaires.

Il est reproché aux services de sécurité «de ne pas assumer pleinement leur mission fondamentale». Les rédacteurs du prérapport s’interrogent «pourquoi les services de sécurité refusent-ils d’exécuter les arrêtés municipaux et ferment les yeux sur les constructions illicites et la prolifération des commerces informels?».

Au lieu d’agir pour assurer la sécurité, l’administration se contente d’interdire des plages ou de déconseiller certains endroits aux estivants sous prétexte que ces lieux sont devenus des refuges pour les délinquants, ajoute-le document. L’une des tâches quotidiennes des collectivités locales reste très mal prise en charge. On cite l’incivisme des estivants et l’inefficacité dans la gestion des ordures ménagères qui triplent pendant la saison estivale.

La commission de préparation des assises sur le tourisme à Béjaïa a émis des propositions de nature à éradiquer ce qui s’apparente à une anarchie.

Un Epic pour les plages

A commencer par l’aménagement des accès vers les plages, le nettoyage de celles-ci, la pose de panneaux de signalisation et d’indication pour mieux orienter les estivants et les touristes, et ce, avant d’arriver à la création d’un EPIC pour la gestion des plages, une idée nouvelle. Il faudra également, d’après les recommandations de la commission, la révision du plan de circulation, la régularisation des heures de trafic pour les camions de transport de marchandises, responsables des bouchons au niveau des axes côtiers, le passage à l’acte dans l’éradication du commerce informel et la démolition des constructions illicites.

Avant de prétendre au statut d’une région touristique, il est recommandé de hisser le niveau des prestations de services à travers la création de centres de formation et d’office de tourisme et développer les croisières et l’animation à travers l’encouragement de la dynamique associative à caractère touristique.

Elément intégral du tourisme, le secteur des transports doit se dépasser pour offrir aux touristes divers moyens de locomotion. Que dire de l’offre des transports aérien, maritime et ferroviaire jugée limitée, lorsqu’on sait que les villageois d’Iksilen ne disposent même pas de liaison terrestre pour joindre les plages se situant sur le territoire de leur commune ? «Quatre lignes aériennes relient Béjaïa à trois villes françaises et à la capitale belge, deux lignes nationales assurent les voyages vers le Sud et la capitale.

La voie maritime offre seulement une liaison entre Béjaïa et Marseille pendant que la ligne ferroviaire assure deux navettes seulement entre Alger et Béjaïa».

La commission qui a établi le rapport préliminaire n’a pas manqué de pointer du doigt la fermeture des routes comme étant l’un des facteurs qui freinent le développement touristique, à cause des désagréments qu’il occasionne.

Toutefois, on ne peut pas imputer la fuite des touristes et des estivants ainsi que le sous-développement seulement au «coupeurs de routes». Malgré le plan d’action du ministère du Tourisme, aucune plage, aucun parking ni lieu de détente ne sont aménagés, constate-t-on dans le document. La direction du commerce est informée par le biais du rapport que «les marchés économiques locaux fonctionnent, pendant cette période,  largement en mode informel et profitent de la saison pour opérer une hausse des prix sur les produits de consommation».
  

L’investissement à l’arrêt

Plusieurs projets pouvant profiter au développement touristique sont soit gelés ou non inscrits à l’étude et à la réalisation.

En plus des projets du tramway, du téléphérique et du dédoublement de la voie ferrée, 5 autres opérations liées au secteur du tourisme sont en suspens. Il s’agit de l’étude d’aménagement des plages Azaghar et Tassift el Marsa, l’aménagement de la plage de Souk El Tenine et la protection du rivage.

De plus, l’étude d’aménagement de 2 sources thermales, à savoir les Salines et Sidi Ayad, ainsi que la mise en valeur et l’aménagement des stations climatiques d’Adekar, de  Bouhamza et d’Akfadou. Parmi les projets qui ont été frappés par l’austérité, il est également mentionné l’étude d’aménagement de deux sites touristiques : la cascade de Kefrida et la baie des Aiguades.

Dans le même sillage, les élus estiment que des contraintes freinent la dynamique de création des entreprises et le développement touristique. Parmi elles, « la centralisation, la bureaucratie, le manque de financement et le favoritisme et l’opacité qui entoure la distribution du foncier touristique et l’accaparement illicite des terrains ».

Nordine Douici
 
loading...
le dessin du jour
LE HIC MAZ

Mes infographies

El Watan Magazine

impact journalism days

 

Indépendance Algérie

 

El Watan Etudiant

Chroniques
Point zéro Repères éco
Loading...
Vidéo

vidéos

vidéos

Suivre El Watan

FacebookFacebook       TwitterTwitter
Télévision
Télérama       Télé Alger TV Algérie